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Climat : l’impact de l’industrie de la mode et du textile

  • 27 nov. 2023
  • 3 min de lecture

Chaque semaine, les grandes marques de prêt-à-porter proposent des nouveautés, à des prix attractifs et abordables. Les modalités de livraisons, retrait en boutique et échanges ne font qu'augmenter l’attrait pour ces pièces. Tandis que l’industrie du luxe ne touche qu’un 1% de la population mondiale, la fast fashion concerne 98%.


Crédit photo : Andrea Piacquadio

La base du problème : l’industrie textile

La première étape pour créer des vêtements est l’exploitation de matières premières. Les fibres principales utilisées par l’industrie de la mode ont toutes un impact sur le climat. Par exemple : le polyester, qui est la fibre la plus produite (environ 60 millions de tonnes chaque année), est une matière dérivée du pétrole. En plus des micro-particules libérées dans l’eau à chaque lavage, la simple production de ce tissu engendre 706 millions de tonnes d’équivalent CO2.


La production du coton pèse également lourd sur l'environnement. Cultiver cette plante demande d’importante quantité d’eau. L’eau de pluie seule ne suffit pas à irriguer les champs et les producteurs doivent détourner l’eau de rivières, lacs ou nappes phréatiques pour irriguer leurs cultures. En plus d’augmenter la tension sur les ressources d’eau potable, la culture du coton diminue leur qualité. Avide consommatrice de pesticide et d’engrais, ceux-ci finissent par s’écouler à travers les nappes phréatiques et dans les cours d’eau.

Même les alternatives “durables” comme le lyocell ou la viscose ont un impact négatif sur l'environnement. Ces deux matières sont biodégradables, mais leur production est problématique à la fois pour le climat et la santé des personnes travaillant dans les usines de fabrication.




Une accélération sans fin

En 2000, les marques de vêtements publiaient deux collections par an en Europe. Aujourd’hui, les marques les plus populaires lancent entre 12 et 24 collections. Cette accélération des cycles de la mode se traduit par des chiffres alarmants. Le programme des Nations Unies pour l'Environnement estime que 8 à 10% des émissions carbone de l’humanité sont imputables à cette industrie. C’est plus que l’intégralité des vols internationaux et du fret maritime.


Mais l'environnement n’est pas la seule victime de cette accélération effrénée de l’industrie vestimentaire. Environ 75 millions de personnes sont employées dans des usines produisant des vêtements, souvent dans des pays où les salaires sont “attractifs” pour les entreprises et les législations en matière de protection des travailleurs faibles. Au Bangladesh par exemple, pays ayant le plus bas salaire minimum au monde, les salariés travaillant dans ces usines gagnent entre 90 et 96$USD par mois. C’est 3,5 fois en dessous du montant identifié par le gouvernement bengali pour pouvoir vivre une "vie décente avec des équipements de base".



Agir localement

Les conséquences de la production textile et de la fast fashion se font principalement ressentir dans les pays producteurs, mais il en existe également pour les pays consommateurs. En France, ce sont chaque année 600 000 tonnes de textiles qui sont commercialisés, soit 10 kg par personne et par an. Cela représente un nombre important de ressources disponibles, mais aussi de potentiels déchets. Depuis 2007, et en accord avec une directive-cadre européenne, il existe une filière élargie pour le traitement des vieux textiles.


Ces actions législatives sont soutenues par le travail d’associations, telle que Zero Waste France. Depuis plusieurs années, cette association lance un défi “Rien de neuf”, qui invite les participants à essayer d’acheter le moins d’objets neufs possible pendant un an. Ce challenge a notamment permis de mettre en lumière les problèmes intrinsèques aux vêtements sportifs. Ceux-ci sont souvent composés de matières synthétiques, riches en micro-plastiques et particulièrement polluantes.

Pour vous engager et relever le défi « Rien de neuf » auprès de Zero Waste France et recevoir leur newsletter vous pouvez vous inscrire sur leur site.


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